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Visite CFCIM de l’usine ÉLÉPHANT VERT à Meknès

Dans le cadre du cycle d’évènements professionnels et des rencontre networking labellisés COP22, la CFCIM et sa Délégation Régionale de Meknès ont pu visiter, le 2 novembre 2016, l’usine ÉLÉPHANT VERT Maroc. Située à Meknès, l’usine de biofertilisants et de biopesticides a ainsi accueilli 45 adhérents qui ont pu ensuite échanger avec les responsables du site autour du thème « Agriculture climato-intelligente : comment répondre aux besoins grandissants de production agricole et de sécurité alimentaire tout en atténuant l’impact du changement climatique ».

3 questions à Anouar Alasri, Directeur Général d’ÉLÉPHANT VERT

Présentez-nous votre domaine d’activité.
Notre domaine d’activité est la production de biofertilisants et de biopesticides, ainsi que l’accompagnement technique des agriculteurs à travers la vulgarisation, la formation et la valorisation du patrimoine agricole. Notre premier site de production est installé à Meknès et nous sommes en train d’implanter d’autres plateformes, dont une, à Rabat. Au sein de notre site de Meknès, nous traitons les matières premières que nous valorisons pour en faire de l’engrais organique ou naturel, qui vient en complément des autres intrants agricoles de type fertilisation chimique. C’est aussi la première usine de production de biopesticides offrant une telle capacité au Maroc et dans la région Europe, Afrique et Moyen-Orient. Les biopesticides sont à base de micro-organismes ayant un rôle protecteur pour les plantes et permettent de lutter contre les nuisibles.
Nous avons lancé notre structure il y a trois ans. Cette année, nous allons commercialiser 40 000 tonnes de biofertilisants. En ce qui concerne les biopesticides, nous avons construit l’usine et obtenu les autorisations il y a un an, aujourd’hui nous sommes en contrat de sous-traitance avec des sociétés espagnoles et françaises et produisons des micro-organismes destinés au marché européen.
L’écosystème ÉLÉPHANT VERT comprend tous les générateurs de déchets organiques : unités agroindustrielles, producteurs de fumier, de bois de taille, etc. Nous récupérons tous ces intrants pour les traiter, les valoriser et en faire des fertilisants. Nous les revendons aux agriculteurs via un circuit de distribution ou en direct. À travers le Maroc, nous avons 20 points de revente situés dans les grandes zones agricoles comme Agadir, Taroudant, le Loukos, Meknès, le Gharb, le Saiss, etc.
Après la première phase de lancement, nous souhaitons développer l’usine de biopesticides et exporter vers l’Afrique. Pour ce qui concerne les biofertilisants, nous envisageons de nous implanter dans d’autres régions. On pense également à s’installer dans les régions d’Agadir et d’El Jadida-Had Soualem. Par ailleurs, nous avons une usine au Mali et sommes en train de nous implanter au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Nous travaillons, en outre, sur un projet au Burkina Faso.

Pensez-vous que les agriculteurs marocains sont sensibilisés à l’utilisation de produits respectueux de l’environnement ?
Tout agriculteur, qu’il soit marocain ou non, est sensibilisé à l’environnement, car il vit de la terre. Il s’inquiète pour la pérennité de ses sols et la durabilité de son agriculture. Maintenant, il faut mettre en place les techniques de vulgarisation, la formation, l’information, mais aussi assurer la disponibilité des produits sur le marché. Malheureusement, nous sommes encore les seuls producteurs d’intrants agricoles naturels ou biologiques au Maroc. Il est important de promouvoir une agriculture durable et que l’État donne également une impulsion, par exemple à l’aide de subventions. Autrement, on menace le patrimoine agricole. Les agriculteurs sont sensibles à ces arguments, mais ce sont aussi des gestionnaires d’exploitation agricole qui regardent la rentabilité et le coût. Tout le monde ne peut pas se payer le naturel aujourd’hui, malheureusement. Nous faisons tout pour donner un prix abordable, pour essayer de sensibiliser les agriculteurs. Nous organisons 200 à 300 journées de formation par an.

Quel est votre regard sur les enjeux de la COP22, notamment pour l’agriculture ?
Les enjeux sont énormes, car on se rend compte, à juste titre, que la seule façon d’éliminer le carbone que nous émettons c’est via la végétation. Le constat est simple : nous sommes en train de déboiser partout. La surface des terres agricoles diminue en raison de la désertification et, justement, ce n’est qu’en reboisant et en replantant que l’on peut séquestrer le carbone. Donc, plus que jamais, il est important de promouvoir et de subventionner l’agriculture et, surtout, de s’occuper de la qualité des sols. Si le sol est de mauvaise qualité, il ne retient pas l’eau, la végétation ne pousse pas, et il n’est pas possible de réduire le taux de carbone. Le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime a lancé l’initiative triple A pour l’agriculture en Afrique qui vise à utiliser une partie des fonds alloués dans le cadre de la COP22 pour permettre le reboisement et la replantation des terres agricoles sur le continent. Je pense que c’est une très bonne initiative, mais maintenant il s’agit de l’implémenter, de cibler les acteurs du privé capables d’agir et de changer les choses à ce niveau-là.

 

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